Les peintres médiumniques célèbres

Publié le par Astrella

Quand la couleur devient langage:


La médiumnité, innée en chaque être incarné, est le support nécessaire à toute transmission du monde spirituel. Elle possède autant de facettes que le permettent les facultés humaines. Il est un moyen de transmettre des messages plus particulièrement proche de la sensibilité artistique, c’est le dessin médiumnique. Toutes les techniques sont utilisées, le crayon, le fusain, la plume ou la peinture. Le motif peut être symbolique, réduit à la simple compréhension du thème ; dans ce cas le médium reproduit l’image qui lui est transmise. Mais il peut être beaucoup plus élaboré, voire jusqu’à traduire le plus pur style artistique de grands maîtres de la peinture tels que Picasso, Van Gogh, Matisse ou Monet. La maîtrise de la toile n’appartient plus au médium qui est alors guidé, n’ayant souvent aucune idée de l’œuvre qu’il va accomplir, le résultat n’apparaissant que lors des dernières touches finales. L’Esprit qui se communique veut-il perpétrer son art, veut-il délivrer un message, toujours est-il que sa présence est irréfutable d’autant que les médiums eux-mêmes n’ont souvent aucune notion d’art pictural. La vitesse d’exécution ainsi que la maîtrise du trait sans retouche sont caractéristiques du travail pictural médiumnique.

Nous avons le cas d’Augustin Lesage dont les guides seront successivement sa sœur Marie, Léonard de Vinci, puis, à partir de 1925, Marius de Tyane, (peintre antique). Il ignore ce qu’il va représenter et dit : « Je fais ce qu’on me dit de faire… Jamais il ne m’est arrivé, avant de peindre une toile, d’avoir une idée de ce que ce serait. Jamais je n’ai eu une vision d’ensemble d’un tableau à n’importe quel endroit où j’en étais de son exécution. Un tableau se fait détail par détail sans que rien ne m’en vienne préalablement dans l’esprit. Mes guides m’ont dit : "Ne cherche pas à savoir ce que tu fais. »


Fleury Joseph Crépin (1875 - 1948) est un autre exemple, il peint en formant des gouttes. « A des toiles, j'ai fait jusqu'à 1500 points à l'heure. Mes tableaux n'ont pas de titre, je ne comprends pas ce qu'on me fait faire, pourquoi on me les fait faire, ni quand s'arrêtera ce travail".


Madame d’Espérance (1849 - 1919), une anglaise du nom d’Elizabeth Hope, grand médium à effets physiques mais aussi une grande dame du spiritisme, consacra sa vie à nous délivrer les témoignages et les preuves transmises par l’autre monde. Parmi les multiples facettes de sa médiumnité, elle développa le dessin médiumnique. Bien qu’elle ne possédât pas de technique particulière, elle était capable de retranscrire sur le papier les portraits des entités qu’elle percevait. Ce qui est remarquable, c’est que ce travail s’exécutait dans l’obscurité la plus totale avec une vitesse de réalisation prodigieuse, allant parfois jusqu’à trente secondes.
Dans son ouvrage "Au Pays de l'ombre" , Elizabeth nous parle de sa première expérience de dessin médiumnique : « Un soir, pour une raison quelconque nous étions assis dans l'obscurité… Ayant eu l'idée de regarder la partie de la chambre la plus sombre, il me sembla voir une curieuse luminosité nuageuse, parfaitement distincte, dans l'obscurité. Je la surveillai pendant une ou deux minutes sans rien dire, en me demandant d'où elle provenait et quelle pouvait en être la cause. …Tandis que je surveillais le nuage lumineux, celui-ci sembla se condenser, devenir compact et enfin revêtir la forme d'une enfant, éclairée comme par la lumière du jour, une lumière semblant venir non du dehors, mais du dedans, l'obscurité de la chambre servant de fond et mettant en relief chaque contour et chacun des traits de la figure. J'appelai l'attention des autres sur cette étrange apparition, et je ne fus pas médiocrement surprise lorsqu'ils déclarèrent ne rien voir du tout, ni enfant, ni luminosité. Nina
- « Comme c'est étrange, fis-je, je la vois si bien que je pourrais faire son portrait si j'avais du papier et des crayons. »
- « Voici du papier et un crayon, » me dit ma voisine la plus proche. Me saisissant de ces objets, je commençai en hâte à esquisser la tête, les traits et les épaules de la petite visiteuse qui semblait très bien comprendre ce que je faisais.
- « Je crois que c'est Ninia, » remarquai-je, et aussitôt la petite créature affirma vivement de la tête. Je me mis à rire et à exprimer le plaisir que j'en éprouvais, et le dessin fini je le contemplai avec quelque orgueil.
- « Ne trouvez-vous pas que c'est très ressemblant ? » demandai-je à M. F., mon voisin.
- « Il est difficile d'en juger dans l'obscurité, répondit-il. Faisons de la lumière et l'on verra. »
Alors, pour la première fois, je me rappelai que nous étions assis dans l'obscurité la plus noire, et je commençai à penser que j'avais dormi et rêvé de l'enfant lumineuse, et rêvé que mon dessin était ressemblant. …
Je tenais nerveusement le papier, craignant que la lumière des bougies ne tombât sur une feuille de papier d'un blanc immaculé. Mais non ! Le dessin y était; je n'avais pas rêvé. Le visage de Ninia nous souriait sur le papier comme elle m'avait souri de son coin sombre.
A la nouvelle du développement de cette faculté, Elizabeth fut assaillie de demandes venant du monde entier. « La nouvelle de ce développement particulier de ma médiumnité se répandit bientôt, et je me trouvai, à mon grand ennui, obsédée de visites et de correspondance. De toutes parts, on désirait des portraits d'amis perdus, et l'on semblait croire que je n'avais qu'à fermer les yeux et me mettre à l'œuvre pour fournir des dessins à tout le monde »
Elle nous dit encore ; « Si quelque étranger assistait à l'une de nos séances, presque toujours des esprits étrangers y apparaissaient, et je réussissais souvent à faire leurs portraits. En général, ces esquisses étaient immédiatement reconnues et réclamées par les amis de ces esprits. »
C’est seulement après cette phase de dessin médiumnique qu’Elizabeth commença à produire des matérialisations d’Esprits.

Madge Gill (1882-1961), cette anglaise, se mit à écrire et dessiner de façon automatique, poussée par une force qu’elle ne peut définir. Elle dit : « J'ai senti que j'avais une faculté artistique qui cherchait à s'exprimer… je sentais que j'étais guidée très certainement par une force invisible, sans que j'aie pu dire quelle était sa véritable nature ». En fait, elle identifiera cette force comme étant son guide auquel elle donne le nom de Myminerest. Elle utilise l’encre de chine et diverses encres sur des toiles pouvant atteindre 11 mètres de long ou sur des cartes postales au dos desquelles elle note une pensée spirite. Elle laissera une œuvre considérable et on retrouva chez elle des centaines de dessins empilés dans les placards et sous les lits.



Plus près de nous Raphaël Lonne (1910 – 1989), né dans les Landes, il aime la musique, la poésie, le théâtre. Il découvre ses dons de « médium dessinateur » lors d’une séance spirite chez sa cousine. Il utilise l’encre, le stylo bille, le marqueur, la cire et bien d’autres techniques. Il travaille dans un état proche de la transe et toujours de la même façon, de gauche à droite et de haut en bas, comme une page d'écriture. il raconte son premier dessin médiumnique : "Dans une séance spirite où je fus convié, chaque participant avait devant lui une feuille de papier et un crayon. Chacun était recueilli et attendait. Soudain, je suis parti, j'ai été contraint de suivre le mouvement de ma main. Sur la feuille il y avait des choses informes et pour finir un portrait fait d'arabesques et de spirales représentant un personnage, un être vivant, mi-homme, mi-animal, un être qui avait envie de naître. C'est ainsi que l'on me nomma peintre médium. Je pose la main et je me laisse aller, c'est comme un rêve qui se réalise au fur et à mesure. Je suis calme et tranquille ». Lonné précise qu'il n'invoque personne, il reçoit ce qu'on lui donne et sait que son tableau est achevé lorsqu'il le termine en bas à droite. Son oeuvre reste exemplaire de la création médiumnique, son univers est harmonieux confondant le règne animal, végétal et minéral.


Luis Antonio Gasparetto, né au Brésil en 1949, tente à 13 ans de peindre. Mais il n’est pas doué et s’apprête à tout abandonner lorsque l’Esprit de Manet lui propose de l’aider. Il peint alors un superbe portrait en trois minutes. A partir de ce moment une cinquantaine de peintres viennent lui prêter leur concours dont Delacroix, Van Gogh, de Vinci, Monet, Rubens, Goya, Degas, Gauguin, Matisse … Il travaille sur une table, les yeux fermés ou la tête posée dans le creux du bras gauche. Tout se passe très vite, il ne regarde pas le résultat et passe directement au dessin suivant. Il se sert des couleurs sans les choisir et les pose sur la toile avec la paume de la main ou les doigts et signe chaque toile comme le ferait le peintre présumé. La vitesse d’exécution reste hors du commun (quelques minutes) et dans le plus pur style de l’artiste inspiré. Mais le plus remarquable est que lorsqu’il en a assez d’utiliser ses mains, il se déchausse et continue avec les pieds. Notons enfin que Gasparetto n'est pas peintre professionnel mais psychologue et que toutes ses toiles sont revendues aux enchères au bénéfice d’œuvres de charité.

Marcello Modrego est né en 1912 en Espagne. Il quitte l’école à l’age de neuf ans pour garder les moutons. Puis à la mort de sa femme il est atteint par une profonde dépression qui va l’amener à une boulimie créatrice. Il peint tout : tableaux, meubles, accessoires de cuisine. En 1966, il commence à peindre les murs de son appartement, comme catapulté, comme il le dit vers un endroit précis pour y peindre des fleurs. Le mur tout entier est recouvert de fleurs, d'oiseaux, de motifs géométriques particuliers. Les couleurs sont vives et il ne sait par avance ce que sa main va peindre. Des personnages et figures diverses semblent apparaître comme dans un labyrinthe. Après quinze années de travail, Marcello Modrego s’arrête brusquement de créer. Il meurt en 1997.



La liste serait encore longue et l’on pourrait citer Vadelice Salum, Maria Gertrudes Cohelo, Fernand Desmoulin, Marguerite Burnat-Provins, Hélène Smith, Josef Kotzian, Léon Petitjean et bien d’autres encore. Tous ont commencé à œuvrer sous l’impulsion d’une entité et tous réalisent leur travail de manière spontanée. Le geste est sûr, sans hésitation, précis. La vitesse d’exécution est époustouflante. Cependant l’œuvre n’en est pas moins empreinte d’élégance, souvent imprégnée de compositions florales, d’animaux ou d’humains. Bien que les conditions de réalisation échappent à l’entendement, les œuvres sont là et, bien là, preuves de la présence d’entités spirituelles travaillant à leurs côtés.
L’art médiumnique est désormais reconnu et s’expose dans le monde entier, comme en témoigne cette exposition qui a eu lieu au mois de mars en Suisse, dont l’ouvrage ……. en apporte la preuve. Il s’intègre dans « l’art brut » qui, au regard des thèses de Dubuffet, son créateur, peut être défini comme une production radicalement individuelle, sauvage et étrangère à tout modèle. Elle est produite de pure nécessité, la seule influence qu’elle subisse étant celle d’une « impérieuse voix intérieure. »
L’art spirite, reste le témoignage, la réalisation tangible de la volonté d’un frère désincarné. Il nous prouve, une fois de plus, qu’il existe un pont entre nos deux mondes et qu’un travail en commun est possible. Puissions-nous œuvrer ensemble pour qu’enfin notre terre se pare de toutes les nuances de ces peintres de l’au-delà et qu’ils nous apportent, sur leur palette, des couleurs qui parlent de paix, d’amour, de foi et de charité.

source: spirite.free.fr

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